La vie à la caserne
La caserne : un centre d'hébergement
La caserne est un lieu de vie des hommes de troupes. Elle s'est peu à peu transformée. La Restauration trouve le casernement dans un grand état de délabrement. Une rénovation est entreprise sous La Restauration et est prolongée sous la Monarchie de Juillet. A partir de 1824, l'espace du soldat est désormais organisé, non plus autour du lit double, mais d'un lit individuel métallique sur châlit. Le logement des hommes s'améliore mais les chambres de 40, voir de 80 dans certaines casernes du Second Empire, rend la promiscuité fort pénible. Les soldats continuent à se laver à la fontaine.
La caserne : un centre d'instruction
La caserne est aussi un centre d'instruction pour les nouveaux venus, engagés, conscrits ou remplaçants. Ils passent d'abord par l'école du soldat sans arme puis avec arme et participent aux écoles de tir, avec des spécialisations. L'instruction est confiée aux caporaux et sous-officiers.
Une bonne partie du temps des soldats est consacrée à la formation de cet "esprit de corps" que tous les chefs tiennent à développer. Outre l'instruction militaire proprement dite, l'équitation, la gymnastique, le maniement des armes, les évolutions complexes de l'ordre serré répété dans la cour de la caserne, sur le polygone de la garnison, sur des champs de manoeuvres les soldats doivent consacrés une bonne part de leur temps à l'entretien de leurs armes, de leur équipement et de leur uniforme.
L'uniforme
Au cours du XIXe siècle, porter l’uniforme devient un élément essentiel de l’identité militaire. Il est un moyen de reconnaissance des combattants, par rapport aux civils et aux ennemis, mais aussi de prestige que l’on arbore dans les parades. Progressivement, le confort, l’hygiène et la nécessité d’échapper à la vue de l’ennemi amènent une évolution importante des uniformes.
A la Révolution, l’uniforme militaire adopte les couleurs nationales, habit bleu, veste blanche, col rouge et couvre-chef bicorne. Sous l'Empire, l'uniforme est composé d'un habit bleu, d'une veste, d'une culotte de tricot de couleur blanche, de guêtres blanches ou noires, de souliers, d'un shako et d'une capote de drap gris. Cet uniforme disparaît en 1845 au profit de la tunique bleu marine sur un pantalon rouge garance, les pans pouvant se relever pour faciliter la marche ou pour monter à cheval.
Sous la Troisième République, le militaire dispose de quatre tenues : la tenue du matin, portée jusqu'à 13h ; la tenue du jour ou tenue habituelle ; la grande tenue pour les cérémonies officielles ; la tenue de campagne, en temps de guerre et lors des manoeuvres.
Au début de la Première Guerre mondiale, les uniformes rouges, visibles de loin, se révèlent inadaptés aux nouveaux fusils plus performants. Dans un souci de camouflage, l’armée française équipe ses soldats d'uniformes de couleur bleue. Le képi souple, qui protège peu la tête, est remplacé, en 1915, par le casque en métal Adrian bleu horizon.
L'armement
La caserne est un centre d'instruction pour les jeunes recrues qui passent par l'école du soldat. L'apprentissage est spécifique pour chaque arme. Pour le maniement du fusil, il comprend : l'apprentissage du tir, couché, debout, à genou, mais aussi l'entretien de l'arme.
Sous l'Empire, toute une gamme d'armes à feu existe : fusils de dragon, d'artilleur ou de marin, mousquetons de cavalier, carabines et pistolets. Le fusil connaît trois transformations majeures avant 1870 avec la mise à feu par la percussion d'une amorce de fulminate au lieu de la platine à silex, la rayure du canon et le chargement par la culasse.
Après la défaite de 1870, de nouvelles améliorations sont apportées au fusil : modification du fusil Chassepot afin de pouvoir tirer des cartouches métalliques (1873), adoption du fusil Lebel de plus petit calibre, tirant des cartouches à poudre sans fumée (1886) et construction du fusil Berthier, plus facile à charger (1890).
En 1882, les exercices militaires intègrent les matières d’enseignement dans les écoles primaires publiques de garçons. L'école devient un centre de préparation et d'instruction militaire où les élèves apprennent le devoir, la discipline, le maniement des armes, le tir...
Mouchoirs d’instruction militaire
En 1872, la conscription générale est introduite en France. De nouvelles recrues arrivent en masse dans l'armée sans instruction militaire. Pour les former, de nouvelles méthodes d’enseignement se développent dont le mouchoir d'instruction.
Chaque mouchoir détaille une technique militaire : démontage et remontage du fusil, composition du paquetage, harnachement du cheval…
En illustration, des textes et des scènes insistent sur l’éducation et la morale : vertus du soldat, devoirs du combattant, principes de morale civique, traits d’héroïsme...
Au total, dix mouchoirs voient le jour et sont encore utilisés à la veille de la Grande Guerre.