Cholet, ville et agglomération
Les archives du Choletais

Un régiment dans la ville

Sur un air de fanfare

Dans les villes de garnison, les déambulations des soldats en uniforme font partie du paysage quotidien. Les débits de boissons et les restaurants, vivent grâce à la présence des militaires. Le régiment fait partie intégrante de la vie de la cité. Le jeudi et le dimanche il donne l'aubade dans le kiosque à musique du jardin du Mail devant un public, nombreux et fidèle, et contribue à l'éducation musicale des masses. 

La présence militaire est particulièrement remarquée lors des cérémonies officielles et des fêtes de bienfaisance. Le 14 juillet, le régiment défile au grand complet, musique en tête. Au programme, retraite aux flambeaux, salves de coups de canons, grande revue des troupes sur la place Travot, ascension de ballons, concert donné par la musique du 77e Régiment d'infanterie au jardin du Mail. À partir de 1907, le colonel d'Amade autorise la musique militaire à participer au défilé de la Mi-Carême. Chaque année, un char, évoquant les batailles où le 77e Régiment d'infanterie s'est illustré, défile.

Afin de se distraire, les officiers se réunissent entre eux au Cercle militaire et, le mardi, dans le jardin du café du Bosquet. Une fois par an, la caserne ouvre ses portes et organise une grande fête (jeux sportifs, cortèges costumés et chars) à laquelle assistent les notables et habitants de Cholet.


Quartier libre

La présence d'hommes jeunes, en nombre important dans la cité, n'est pas sans poser quelques problèmes d'ordre public. À partir de 17 heures, les militaires ayant quartier libre, les sorties en ville sont fréquentes. 

Les cabarets et maisons de tolérance sont des lieux prisés. En plus de la boisson, les soldats y recherchent la fréquentation des femmes et notamment celle des prostituées. Dès 1831, des mesures disciplinaires (15 jours de prison) sont prises, sans succès, pour interdire aux militaires la fréquentation de ces femmes, souvent malades. Avec l'installation de la caserne, les cas de maladies vénériennes augmentent à Cholet. À la demande des chefs militaires, un médecin est chargé de visiter régulièrement les filles publiques et de les envoyer à l'hôpital d'Angers pour éviter la contagion. 

Dans les cabarets, la consommation d'alcool étant importante, ivresse publique, tapage nocturne et rixe (entre soldats ou avec les civils) vont souvent de pair. Afin de limiter l'alcoolisme des soldats, il est interdit de vendre de l'alcool à l'intérieur de la caserne. Quant aux soldats en état d'ébriété, ils encourent des sanctions disciplinaires.

Grande revue du 14 juillet, place Travot. Début XXe siècle. Carte postale. Coll. AMC - 8Fi79
Grande revue du 14 juillet, place Travot. Début XXe siècle. Carte postale. Coll. AMC - 8Fi79
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