Un siècle de casernement à Cholet
Militaires de passage et premières casernes
Au sortir des guerres de Vendée, Cholet est une cité à l'économie ruinée qui a perdu près des trois quarts de sa population et sans véritable intérêt stratégique militaire. A défaut de caserne, les troupes de passage sont logées chez l'habitant ou dans des maisons appartenant à l'hospice. Il revient à la commune d'assurer la fourniture des vivres aux troupes de passage.
A partir de 1830, environ 300 soldats stationnent en permanence en ville, le logement chez l'habitant devient problématique. Afin de maintenir la tranquillité du pays et de développer l'économie, la municipalité souhaite construire une caserne. La Ville acquiert, alors, un vaste ensemble de bâtiments situé à l'angle de la rue Nationale et de la rue des Bons Enfants. Cette première caserne, dite du « Petit Quartier », est cependant insuffisante pour pouvoir loger un bataillon entier.
En 1836, sur 800 soldats en garnison à Cholet, plus de 500 sont encore logés chez l'habitant. La municipalité décide de transformer l'ancien collège, rue du Verger, propriété de l'hospice, en lieu de casernement. L'année suivante, une maison située quartier Saint-Pierre, rue Porte Baron, est mise à disposition du Département à la Guerre.
Au milieu du XIXe siècle, les troupes se répartissent sur trois casernes : celle du « Petit quartier », rue des Bons Enfants ; l'ancien collège, rue du Verger et la maison du quartier Saint-Pierre, rue Porte Baron.
La caserne Tharreau
La crise franco-allemande de 1870 et la mise en place du service militaire obligatoire entraînent la construction de casernes sur toute la France. En 1873, Cholet sollicite le ministre de la guerre afin d'obtenir l'envoi d'un régiment complet, soit 2400 hommes, et s'engage à financer la construction d'une caserne pour les accueillir.
Le terrain des Roches est retenu pour la construction de cette nouvelle caserne. Dès 1874, les premiers effectifs formant le bataillon d'instruction du 135e de ligne arrivent à Cholet. En attendant la fin des travaux, en 1878, les soldats s'installent dans des baraquements montés dans l'enceinte de la gare.
Les bâtiments, très imposants, comportent pavillons, cantines, magasins, écuries, etc, et sont construits avec des matériaux locaux. La caserne prend le nom du général de division Tharreau, originaire du May-sur-Evre, qui s'illustra dans les campagnes napoléoniennes. La caserne abrite successivement le 135e régiment de ligne de 1878 à 1882 et de 1924 à 1928, le 77e régiment d'infanterie de 1882 à 1923, puis la garde républicaine, jusqu'en 1939.
Pendant la Seconde guerre mondiale, la caserne est occupée par des officiers allemands. Le 23 juillet 1944, un avion anglais bombarde le bâtiment central ignorant le départ des allemands. Après guerre, les locaux sont transformés en logements H.L.M puis détruits en 1966.