Les archivesdu Choletais
Les archives du Choletais

Archives et maçonnerie !

Un don d'archives permet de comprendre l'évolution du travail de maçonnerie à travers les outils.

Quarante photographies et négatifs sont entrés, sous forme de don numérique, dans les collections des Archives municipales de Cholet. Ces photographies, des années 60-70, sont intéressantes pour l'histoire urbaine de Cholet. Elles mettent en lumière plusieurs chantiers de cette époque : construction de la résidence du Parc, démolition de la ferme des Roches et du moulin de La Motte… Les Archives municipales de Cholet ont aussi interrogé l'auteur des prises de vues sur les différents chantiers photographiés et, plus précisement, sur les outils représentés sur un des clichés (6Num68-12).

6Num68-12 / Outils du maçon, 1964. Coll. AMC
6Num68-12 / Outils du maçon, 1964. Coll. AMC

Sur la photographie, à gauche : scie égoïne, truelle et taloche du maçon, marteau de maçon et de coffreur, massette et burins, hachette de coffreur, pince arrache-clous puis, à droite : plusieurs sortes de clés, à molette, à pipe, à tube, etc ... tournevis. Ces outils étaient utilisés pour l'assemblage des panneaux préfabriqués de façade et pour l'assemblage des éléments de coffrage des murs béton intérieurs coulés sur place. 

La photographie ci-dessus a été réalisée en 1964 par monsieur Chevallier, maçon puis métreur, dans la société O.R.B. de Cholet (Société Coopérative de Construction des Ouvriers Réunis du Bâtiment), pour montrer l'évolution des outils du maçon. À gauche, il expose les outils traditionnels utilisés avant la préfabrication dans le bâtiment, et, à droite, ceux utilisés avec la préfabrication. L'homme qui met en scène ces outils et les prend en photo revient d'Algérie. Il est le témoin direct de la transformation de son métier, et donc, des outils utilisés, pendant le laps de temps où il a quitté son entreprise pour effectuer son service militaire de maintien de l'ordre en Algérie (1959-1961).

Quelques années plus tôt, sur le chantier du Chiron (avenue de l'Europe, Cholet), vers 1958, " on coffrait et coulait tout sur place, comme pour une maison ". En 1959, lorsque monsieur Chevallier travaille sur le chantier de " La Banane " (immeuble De Lattre De Tassigny, Cholet), les élements en béton sont coulés sur place (sauf pour les balcons), les enduits faits à la taloche et les encadrements de portes ou de fenêtres réalisés en parpaings. " Les maçonneries de moellons apparentes, taillées au marteau, étaient encore utilisées en soubassement à cette époque !!! ". En 1964, lorsqu'il travaille sur le chantier de la résidence du Parc (quartier des Roches, Cholet), les escaliers, allèges de fenêtres, encadrements de portes, balcons, etc, sont livrés sur le chantier en éléments préfabriqués. La construction est devenue, en partie, mécanique, car le maçon assemble les éléments à l'aide de tiges boulonnées. De nouveaux matériaux sont aussi utilisés : les structures métalliques (au centre commercial des Roches, Cholet) ou le béton blanc pour les façades. 

Vers 1975, à Cholet, les façades des immeubles collectifs sont revêtues d'une ossature légère en profilés métalliques (aluminium), habillés de panneaux de verre et doublés thermiquement à l'intérieur. On est déjà plus dans la préfabrication des façades en béton comme en 1964 ! ". Cette photographie et les explications de son auteur révèlent de nombreuses informations quant à l'évolution de la construction dans le bâtiment. " À l'époque, j'y voyais surtout une évolution naturelle de la construction des immeubles collectifs. Je n'avais que 24/25 ans dans ces moments-là !!! " . Cependant, la direction de l'entreprise travaillait en étroite collaboration avec un bureau d'études techniques chargé du développement des méthodes d'exécution et des plannings afin d'améliorer l'organisation et l'efficacité sur les "grands" chantiers.

Cette "évolution naturelle" était donc aussi le résultat d'un travail de recherche et d'études de la part de la direction de l'entreprise.